Chers frères et sœurs,
Je m’adresse à vous à propos de ce qui s’est passé aux Chartreux. Une jeune femme a déposé plainte le 10 septembre à la suite de faits qu'elle dénonce. Cela est avant tout dramatique pour elle qui est profondément blessée par le traumatisme qu’elle a subi. Je lui exprime tout mon soutien et lui redis que nous croyons à sa parole.
Avec mes collaborateurs, nous nous sommes efforcés d’accompagner cette situation de façon collégiale, en croisant diverses compétences, avec sérieux, humanité, mais aussi avec humilité car ce genre de situations est particulièrement complexe.
Dans la mesure où le Père Plessy dirigeait un établissement catholique d’enseignement, le Directeur diocésain de l’Enseignement catholique a été associé au traitement de cette affaire.
Je voudrais aujourd'hui essayer d’apporter des éléments de réponse à une question qui a été souvent formulée, et que l’on peut tout-à-fait comprendre :
si le diocèse a si rapidement pris des mesures pour protéger la jeune femme en écartant le directeur des Chartreux, pourquoi n’a-t-il pas communiqué plus tôt ?
Notre cellule d’écoute a reçu début juin un message anonyme d’une jeune femme majeure faisant état de la situation qu’elle vivait avec un prêtre beaucoup plus âgé qu’elle, dont elle ne donnait pas le nom. Il lui a immédiatement été indiqué que cette situation n’était pas normale et qu’elle en était victime. La cellule d'écoute lui a également conseillé de conserver la preuve des échanges.
Dès que nous avons connu son identité, nous avons pris les mesures qui s’imposaient en démettant le Père Plessy de ses fonctions et en lui interdisant d’entrer en contact avec la jeune femme (mesures prises le 6 juillet, complétées le 1er septembre par une interdiction d’exercer tout ministère dans le territoire de l’archidiocèse de Lyon et communiquées sur notre site internet le 2 septembre). Par ailleurs, nous avons fait un signalement au procureur de la République le 6 juillet dernier.
Nous avons dans un premier temps envisagé une communication en juillet. Il nous fallait cependant prendre en compte la demande de discrétion de la jeune femme.
Fin août, lorsque son avocate nous a fait savoir qu’elle souhaitait qu’une information claire soit donnée, nous avons publié le communiqué que vous connaissez.
Nous avons bien conscience que cette situation est douloureuse pour l’ensemble de la communauté éducative des Chartreux, pour les élèves et anciens élèves, pour les communautés éducatives de l’Enseignement catholique, pour les prêtres, ainsi que pour l’ensemble de notre Église diocésaine.
Il faut désormais attendre que les juridictions canoniques et étatiques se prononcent quant à la qualification des faits dénoncés. Les mesures conservatoires prises témoignent du sérieux avec lequel nous traitons ces faits. Tout au long de ce processus, notre priorité a été d’accompagner la jeune femme et de la soutenir dans cette épreuve.
J’invite toute personne qui aurait des informations supplémentaires en lien avec cette affaire à contacter le procureur de la République de Lyon.
En espérant que cette lettre vous aura apporté des éclairages, je vous assure de ma prière et de mon engagement à prendre cette affaire avec toute la compassion et le sérieux qu’elle mérite.
+ Olivier de Germay
Archevêque de Lyon

